L’anamnèse en Psychosomatique Relationnelle

Psychosomatique Relationnelle

L’anamnèse en Psychosomatique Relationnelle

par Michelle Erb, en référence à son article « Le cadre et l’attitude thérapeutique » de la revue n°4 Esprit et Corps de l’ATPR.

L’anamnèse a deux dimensions:

  • Repérer la problématique actuelle.
  • La replacer dans son développement, dans l’histoire du sujet
    • Événementielle
    • Du corps

Il s’agit d’essayer de relier l’histoire relationnelle, d’être dans le global.

Ainsi on va s’intéresser aux points suivants:

  • La position du patient dans la famille
  • La situation actuelle et notamment repérer les conflits ou impasse et si on peut le faire la forme de cette dernière (voir l’article sur le fonctionnement et la situation relationnelle).
  • Le fonctionnement du patient au niveau de ses rythmes. Le vécu de la temporalité va donner des indications. Ainsi on va repérer un fonctionnement « collé à l’horloge »  au détriment du subjectif, ou son contraire. Les formes de l’impasse correspondent à un vécu du temps. Le cercle vicieux, par exemple entraîne une boucle temporelle que l’on retrouve dans les addictions.  On peut également prendre l’exemple de cette patiente qui, lorsqu’elle vit avec quelqu’un, se colle aux rythmes de l’autre (repas, sommeil,…) et perd tous les sens dès qu’elle se retrouve seule.
    C’est un repère important car lorsqu’une pathologie arrive elle désorganise en premier les rythmes du sujet et on peut voir apparaître par exemple des troubles du sommeil (endormissement, réveils dans la nuit) et les réveils vers 3/4 heures du matin avec une difficulté à se rendormir sont les signes de dépression.
  • La perception et la relation du patient avec son corps, son tonus musculaire et l’alternance de phases hypo/hyper
  • L’imaginaire du patient. Est-ce qu’il se souvient de ses rêves et quelle place il leurs donne et si les explications sont extérieures (par exemple reliés à un film vu la veille).
  • Le fonctionnement du patient: adaptatif, psychonévrotique, mixte.
  • La ou les pathologies du corps, ce qui peut être difficile car le patient peut négliger, ou éviter délibérément, de donner l’information au thérapeute qui doit être prudent sur les interprétations. Ainsi prenons l’exemple de cet homme qui consulte un neurologue pour des douleurs diffuses et bizarres, mais fortes. Les examens biologiques sont négatifs et après des mois de souffrance il arrive déprimé dans le cabinet d’une psychiatre. Il y a un contexte de deuil, aussi celle-ci l’envoie voir un thérapeute en psychosomatique relationnelle. Cela ressemble fortement à une conversion hystérique, mais le thérapeute apprend que le père du patient est décédé il y a deux ans d’une maladie auto-immune qui atteint également son frère. Après vérification, on trouve les marqueurs de cette maladie génétique chez le patient; maladie qui n’est pas déclarée chez lui, d’où l’absence de diagnostic initial. Maintenant le patient et le thérapeute peuvent travailler pour que la maladie ne se déclare pas. Son état s’améliore et il recommence à sortir.

Pour la liste des choses auxquelles il faut penser on se référera à l’article de Pierre Boquel , « L’anamnèse en médiation corporelle », de la revue n°4 Esprit et Corps de l’ATPR.

Notons que l’anamnèse ne se fait pas seulement au court du premier entretien et peut, dans certains cas, prendre beaucoup de temps, voir des mois. Ci-dessous on trouvera un ensemble de questions que doit se poser le thérapeute:

  • Comment le patient est-il arrivé ici
  • Quelle est sa demande
  • Est-il adressé par un tiers
  • Quelle est la pathologie fonctionnelle ou organique
  • Quel est son fonctionnement
  • Existe t-il des troubles du comportement (agoraphobie, boulimie, alcool,…)
  • Y a t-il une psychopathologie (délirante)
  • Quelle est l’histoire de la maladie, des symptômes
  • Quel est le statut émotionnel et affectif. Quel est le lien entre les deux
    • Le langage (discours)
    • Le corps (émotion ou non)
    • Les rêves (émotion?)
  • Quelle est la place de la souffrance? Envahie t-elle tout ou est-elle maîtrisée?
  • Le patient se souvient-il de ses rêves
  • Quelle est la qualité émotionnelle de ses rêves.
    • cauchemar
    • banal
    • positif
  • Existe t-il des équivalents de rêves
    • diurnes
    • créativité
    • fantasmes
  • Au niveau du corps, existe t-il une pratique sportive et à quel niveau.
    • Quelle est l’attitude au corps. Il faut ainsi repérer les zones de tensions ou de vide (cuirasse caractérielle) et les parties du corps investies.
  • Quelle est l’histoire du patient et a t-il expérimenté des impasses ou non.
  • Il faut s’intéresser également à l’ensemble du réseau relationnel du patient, à la fois social et familial.
  • Le discours est il
    • Vivant, coloré
    • Banal
    • L’élocution est elle lente ou volubile avec un discours concordant ou discordant
    • Avec de l’affect et de l’imaginaire ou sans
  • La représentation de soi du patient, le ressenti et le factuel
  • Quelle est la capacité du patient à faire des liens entre
    • Corps et Emotions
    • Vécu et Emotions
    • Rêves et Situations
  • Quelle est son attitude avec le thérapeute, est-il passif ou actif, quelle distance met-il.

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