Empathie

 C’est la capacité à prendre le point de vue de l’autre en sachant que c’est celui de l’autre. On ne se met pas à sa place, sinon on la lui prend.
« L’empathie ou la compréhension empathique consiste en la perception correcte du cadre de référence d’autrui avec les harmonique s subjectives et les va leurs personnelles qui s’y rattachent. Percevoir de manière empathique, c’est percevoir le monde subjectif d’autrui «comme si » on était cette personne – sans toutefois jamais perdre de vue qu’il s’agit d’une situation analogue, «comme si ». La capacité empathique implique donc que, par exemple, on éprouve la peine ou le plaisir d’autrui comme il l’éprouve, et qu’on en perçoive la cause comme il la perçoit (c’est-à-dire qu’on explique ses sentiments ou ses perceptions comme il se les explique), sans jamais oublier qu’il s’agit des expériences et des perceptions de l’autre. Si cette dernière condition est absente, ou cesse de jouer, il ne s’agit plus d’empathie mais d’identification. »
Carl ROGERS.- PSYCHOTHERAPIE ET RELATIONS HUMAINES. (1962) Vol. 1, p. 197


« Être empathique signifie ériger un pont vers une terra incognita. L’empathie établit un pont qui permet de traverser le fossé des différences, le fossé entre les personnes – sans enlever le fossé, sans ignorer les différences –; elle ne prétend pas qu’il y ait identité des deux, non plus qu’elle n’abandonne à la vue de la diversité; elle ne mélange pas ce qui est différent ni ne capitule à la vue des profondeurs de l’autreté – elle crée un pont. »
Peter F. SCHMID – De la connaissance la reconnaissance (2004)


« La relation d’aide suppose que l’autre soit connu en tant qu’autre, en tant que différent de soi, digne d’intérêt et d’attention parce qu’il est autre.

L’empathie est différente de la sympathie, celle-ci étant la possibilité de sentir ensemble, de fusionner dans la même expérience affective. Par contre, l’empathie du moniteur est une attention consacrée à autrui et  mobilisée vers un être qui essaie de s’exprimer et de comprendre le vécu de l’aide comme ce dernier le perçoit lui-même.
Le moniteur n’est pas dans une neutralité bienveillante ; il est mobilisé et polarisé par le participant et le groupe qui est là devant lui. Il se centre sur le vécu de l’aidé, sur ce qu’il éprouve et sent, sur ce qu’il pense. »
Gaston GAUTHIER.- LE COUNSELING DE GROUPE (1982) p. 94