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Le rêve, l’affect et la pathologie organique, Collectif autour de Sami-Ali

Le lien que le thème de ce livre établit entre la pathologie organique d’une part, et le rêve et l’affect d’autre part, est loin d’être immédiat, s’imposant dans son évidence. Il suffirait en effet pour s’en convaincre de réfléchir à ce fait d’observation courante que, quelle que soit la maladie qui touche le corps réel, allant des affections légères comme le rhume saisonnier aux pathologies cancéreuses par exemple, il paraît impossible d’établir une relation directe entre les variables en question, puisque, partout, on constate que la maladie peut s’associer au rêve autant qu’à son absence, à l’affect autant qu’à la difficulté de s’exprimer.

La causalité linéaire, celle qui régit toute la pensée médicale et psychologique, ne semble pas ainsi applicable, ce qui ne nous laisse que deux alternatives : ou bien considérer l’énoncé du thème du Colloque comme un cadre formel vide de tout contenu, une manière de grouper arbitrairement des thèmes disparates, sans véritable affinité ; ou bien, au contraire, repenser autrement toute la problématique sous-jacente de l’âme et du corps, afin d’introduire une autre forme de causalité, circulaire précisément, destinée à établir des liens, là où ils échappent à toute prise directe. Tel est en définitive le dessein que se donne la théorie relationnelle, en introduisant un autre modèle pour penser l’ensemble de la pathologie humaine fonctionnelle aussi bien qu’organique. Cela implique justement un double dépassement des modèles psychanalytique et médical, dans la mesure où l’un et l’autre tendent à ramener les phénomènes relationnels qui concernent l’âme et le corps, à des processus internes, psychologiques, physiologiques et biologiques, en perdant tout à fait de vue le fait essentiel, que c’est la relation qui existe au départ, à la naissance, avant la naissance, et que l’être humain, dans toute l’étendue de son fonctionnement psychosomatique, reste d’un bout à l’autre de la vie, un être relationnel. Ce qui, déjà, suffit pour montrer l’enracinement biologique de la relation, puisque le système immunitaire lui-même peut être pourvu d’une dimension relationnelle démontrable dans différentes pathologies allergiques aussi bien qu’auto-immunes, et que le concept de relation ici développé n’a rien à voir avec celui de la relation d’objet, uniquement applicable dans le domaine de la psychonévrose, c’est-à-dire des troubles fonctionnels, en opposition à une phase postulée de non relation à laquelle Freud donne le nom de narcissisme primaire.
Sources: L’éditeur

Libres

Fanny NUSBAUM, Thèse de doctorat en Psychologie (2008),  « La douleur chronique, un problème de Santé publique : L’hypnose comme modèle de restauration de l’endocongruence »